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La France a-t-elle un problème de compétitivité ?

La France a-t-elle un problème de compétitivité ?

La France a-t-elle un problème de compétitivité ?

On pourrait le penser à en juger la politique des gouvernements. En 2013, suite au rapport Gallois, le gouvernement annonçait la création du crédit d’impôt compétitivité emploi, un ensemble de réductions du coût du travail pour les entreprises.

Deux ans plus tard, le pacte de responsabilité ajoutait de nouvelles réductions du coût du travail pour restaurer la compétitivité des entreprises françaises, ces deux pactes représentant environ 40 milliards d’euros par an.

Y-a-t-il vraiment un problème de compétitivité en France justifiant de tels engagements ?

Pour une entreprise, être compétitive c’est parvenir durablement à vendre ses produits en faisant des bénéfices.

Cela dépend soit de sa compétitivité-prix, ses produits sont moins chers que ceux de ses concurrents, soit de sa compétitivité hors prix, la capacité de vendre des produits chers grâce à leur qualité, les services associés ou l’image de marque.

La compétitivité d’un pays est plus difficile à définir.

La France doit-elle être dirigé comme une entreprise ?

Un pays n’est pas une entreprise qui dépend de ses ventes, c’est une économie dont l’essentiel de la production est destiné à ses habitants.

Le world economic forum, organisateur du forum de Davos, publie chaque année un classement de la compétitivité de 138 pays, fondé sur douze indicateurs.

La France y est à la 22e place, une position qui n’évolue pas beaucoup. Une autre manière d’identifier un problème de compétitivité est le solde commercial, c’est-à-dire la différence entre exportation et importation.

Celui-ci s’est creusé entre 2003 et 2011 et s’est résorbé progressivement depuis. Mais un déficit commercial est difficile à interpréter.

La compétitivité en quelques mots

Il peut provenir effectivement de mauvaises performances des entreprises nationales qui deviennent moins efficaces que leurs concurrentes étrangères, il peut aussi provenir d’un pays qui s’enrichit plus vite que les autres, dont la demande intérieure augmente plus vite que la demande extérieure d’exportation.

Il subit aussi l’impact de facteurs qui n’ont rien à voir avec les performances de l’économie nationale, comme le prix des matières premières.

Quand le prix du pétrole augmente, les importations françaises augmentent automatiquement, sans que cela ne traduise un problème de compétitivité des entreprises nationales.

De même, un pays très attractif pour les investisseurs peut avoir un déficit commercial.

Monaco n’exporte pratiquement rien et importe presque tous ses biens de consommation, mais c’est une économie prospère qui bénéficie de son attractivité pour les gens riches qui veulent y acheter un logement.

Le déficit commercial français, c’est un peu tout cela. Il s’est par exemple creusé lors de la hausse des prix du pétrole.

Et la compétitivité des entreprises françaises ?

Par ailleurs, la compétitivité-prix des entreprises françaises a souffert dans les années 2000 parce que les salaires ont augmenté en France et stagné ailleurs, en particulier en Allemagne. La France reçoit aussi beaucoup d’investissements étrangers.

Mais il y a aussi un effet temporaire. Quand les pays émergents s’enrichissent, ils importent plutôt des machines-outils, du matériel pour leur industrialisation, activités dans lesquelles la France a peu d’avantages.

Lorsque ces pays seront devenus riches, leurs consommateurs achèteront des biens de consommation, du tourisme, dans lesquels la France a plus d’avenir. Le déficit commercial français pourrait alors naturellement se réduire.

Si cela met trop longtemps à se produire, les gouvernements français seront toujours tentés d’aider financièrement les entreprises pour soutenir leur compétitivité.

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